Bouddhisme et Arts Martiaux
Spiritualité

Le Bouddhisme, un Enseignement

Si ces quelques indices ont suffisamment éveillé ta curiosité, je t'invite, avec cette lecture à entreprendre une profonde réflexion sur le sujet.

L'engagement véritable, pour celui qui passe la porte de notre école ne peut se faire à partir de nos jugements de valeur et de nos idées préconçues. Seuls, don de soi et travail permettront d'amorcer le mouvement de la roue qui te poussera sur le chemin, la voie (DTAO) de la découverte d'horizons nouveaux.


Sur le mur du Temple, le moine projette ses mains en un jeu d'ombres chinoises. Il raconte au jeune adepte la fable du tailleur de pierre très pauvre qui pioche au pied de la montagne quand vient à passer l'Empereur dans ses vêtements d'or et de soie:


"- Lequel des deux hommes voudrais-tu être ? demande le moine à l'enfant.
- L'Empereur ! s'écrie l'enfant."
Le moine ouvre alors sa paume en soleil:
"Mais le soleil brille au-dessus de l'Empereur et lui brûle la tête.
- Alors je veux être le soleil !"
Le moine ferme son poing en un sombre nuage:
"Mais le nuage fait de l'ombre au soleil et le dévore.
- Alors je veux être le nuage !"
Le moine dresse ses doigts en pics rocheux:
"Mais la montagne arrête le nuage et le crève.
- Alors je veux être la montagne !"
Le moine crochète son index en tête de pioche:
"Mais le tailleur de pierre attaque la montagne.
- Alors je veux être le tailleur de pierre !"
s'écrie l'enfant qui a enfin compris.

Cette fable contient la toute puissante sagesse de l'art martial Bouddhique.


Cette sagesse qu'est le Bouddhisme, offre aujourd'hui au monde, étouffé par le matérialisme, un souffle de fraîcheur et de liberté véritable. On lui associe toutes sortes d'idées positives comme la tolérance ou la non-violence. Beaucoup le perçoivent comme une religion particulièrement colorée. Mais les choses changent, et la plupart des ethnologues, sociologues, médecins, psychanalystes et mêmes hommes d'Eglises qui ont fait l'effort de s'y intéresser, reconnaissent aujourd'hui qu'il s'agit d'une philosophie de vie d'autant plus estimable qu'elle transmet une culture de plus de cinq mille ans, resserre les liens entre tous les êtres et propose une thérapie dans notre société matérialisée.

Sa doctrine n'a cessé d'évoluer à travers le temps et attire aujourd'hui toujours plus d'adeptes. L'approche du Bouddhisme n'est cependant pas facile selon nos catégories mentales et nos critères de jugement.

Il y a de nombreuses branches de Bouddhisme. En pratiquant le ZEN HUANG DO, tu vas suivre une de ces branches à travers un chemin tout à fait originel et original qui te conduira à une nouvelle compréhension de la vie et de la création de l'humain. Cette voie Bouddhique, que nous pratiquons à travers le ZEN HUANG DO est le BOUTAOLAM.

Le BOUTAOLAM ne repose pas sur des croyances mais sur l'expérience personnelle de chacun. On peut le définir comme une discipline fondée sur la méditation associée aux arts martiaux, comme un mode de pensée et de vie, dont le but premier est le comportement juste, qui est le plus haut idéal humain.

Sa discipline est une auto-discipline que chacun peut, s'il le veut, non point s'imposer, mais accepter comme un remède aux assauts de la vie moderne contraignante afin que l'harmonie soit faite entre les exigences du corps et les nécessités indispensables de l'esprit libéré des chaînes d'un monde obsédant dans un matérialisme négatif. Lorsque l'on parle de Bouddhisme, beaucoup ont en tête l'image de moines Bouddhistes accomplis, vivant une existence d'austérité faite d'enseignements et de pratique dans un monastère.

" Le BOUTAOLAM ne consiste pas à s'écarter de la société, ni à se raser la tête, ni à s'afficher au monde entier en portant le vêtement de moine. Mais à vivre au milieu des tentations du monde sans se laisser souiller. "

La vie en société n'est pas une entrave à notre évolution spirituelle.

" Le BOUTAOLAM ne consiste pas à errer en cherchant un soi-disant paradis, ni à prendre pendant des heures des postures contemplatives. Mais vivre parmi les tentations du monde, sans se laisser souiller, c'est cela, trouver son secret. "

C'est une façon de vivre qui prêche que l'humain est seul face à sa souffrance et ce n'est que par ses propres forces qu'il pourra la vaincre. Etudier sa voie, c'est s'étudier soi-même, s'étudier soi-même, c'est abandonner son ego. L'ego, c'est le petit moi, possessif et limité, qu'il faut détruire dans la mesure ou il est fait d'illusions, alors que chacun tend à lui attribuer une réalité véritable.


Le BOUTAOLAM, ne révèle pas la vérité, il aide simplement à la découvrir soi-même. Il est un enseignement, une méthode, un chemin à suivre pour surmonter les problèmes et les souffrances, et accéder au bonheur grâce à la maîtrise de soi.

" Regardez attentivement en vous-même, vous y trouverez un BOUDDHA. "

Les méthodes de combat sont nées du temps où les premiers hommes durent se défendre contre les animaux dangereux qui les entouraient ou contre d'autres hommes. Le but du combat était alors de survivre et les techniques se développèrent tout naturellement dans toutes les civilisations du monde entier et devinrent des techniques guerrières.

L'influence du Bouddhisme dans les arts guerriers, se fit de façon naturelle d'une part grâce à sa philosophie imprégnée de douceur, de non-violence et d'autre part par l'arrivée en Chine dans le centre Bouddhique guerrier le plus célèbre (le monastère de SHAOLIN), de BODHIDHARMA, moine indien fils d'un roi de l'Inde, la 28ème réincarnation de BOUDDHA ( dans la lignée de transmission ).

La réunion de l'idée philosophique et du geste martial dans un esprit de défense contre toute agression devint donc indissociable.

Les premiers sermons de BOUDDHA insistaient déjà sur l'importance de la force aussi bien que sur l'amour dans la création d'un monde idéal.

BOUDDHA lui-même, homme de paix et d'amour n'en était pas moins un prince, il avait donc reçu, une éducation militaire. Dès son jeune âge, il avait été instruit aux arts martiaux et particulièrement le SIMHA NADA, le rugissement du lion. Un art né dans la jungle, dérivé des postures défensives et offensives des animaux. Il était devenu si habile que personne n'avait jamais réussi à le battre.
BOUDDHA SIDDHARTA GAUTAMA était connu alors comme étant le lion du clan des SHAKYAS. Au sein de ce clan guerrier, plusieurs hommes du lignage portaient le nom lion ( SIMHA ) dans leur nom. Par la suite, afin d'illustrer le fait que le BOUDDHA est le lion des SHAKYAS, le roi Bouddhiste ASHOKA, avait fait sculpter des représentations de cet animal dressées sur des piliers de pierre et les avait fait déposer aux confins de son royaume.
Par la suite SIMHA NADA ( SENG GE NGA RO en tibétain ) devient un symbole évocateur de l'enseignement de BOUDDHA.
Au Tibet, le lion des neiges est l'emblème national, il représente la pureté, l'absence de peur, la vaillance et indique la complète victoire sur tous les obstacles.
Suivant la prophétie, il est dit que le prochain BOUDDHA, fera entendre son rugissement et placera son enseignement dans la trace du BOUDDHA SHAKYAMUNI...

Le lion des neiges


" J'apprends la voie de la préservation
Et non de la destruction.
J'évite plutôt que de m'interposer,
Je m'interpose plutôt que de blesser,
Je blesse plutôt que de mutiler,
Je mutile plutôt que de tuer.
Car toute vie, si modeste soit-elle, est précieuse,
et nul ne peut la remplacer "




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