Histoire du Zen Huang Do
Les origines : le Tibet et la Chine

le Monastère Shaolin

L’art martial ancien de SHAOLIN (CHAO-LINE) ne fut largement connu à travers le monde qu’au début des années 70, grâce au célèbre feuilleton américain KUNG FU et son jeune moine héros KWAI CHANG CAINE. A la même époque en Chine, les gardes rouges prennent d’assaut le Monastère SHAOLIN, berceau légendaire du KUNG FU. Personne n’en saura rien et pendant ce temps, David CARRADINE, le jeune moine héros, continue de diffuser la toute puissance sagesse des prêtres de SHAOLIN sur tous les écrans de télévision de l’Occident. A cette époque, deux hommes vont populariser les arts martiaux: BRUCE LEE, par sa maîtrise technique et David CARRADINE par la philosophie révélée par son personnage.

Aujourd’hui, il y a un développement important avec la diffusion des écoles de SHAOLIN KUNG FU, mais ces formes actuelles diffèrent totalement de celle d’origine. L’art ancien du SHAOLIN fut gardé secret et prit racine en dehors du Temple. Ses techniques furent transmises à travers deux branches.

Ainsi, commence l’histoire du ZEN HUANG DO:

En l’an 520, BODHIDHARMA (en chinois : POTITAMO ou TAMO) 28 ème successeur de BOUDDHA quitte l'Inde, sa terre d’origine pour aller en Chine transmettre la vraie parole de BOUDDHA. Le but de son pèlerinage était de reconvertir les moines chinois au vrai Bouddhisme. Celui-ci s’était déjà bien enraciné, mais on le pratiquait de façon non orthodoxe, voire religieuse. En effet, la doctrine du BOUDDHA avait été transmise par des traducteurs des grands SÛTRAS du MAHAYANA. Ces traductions avaient donné naissance à diverses interprétations s'éloignant de la pratique du Bouddhisme original, l’importance était donnée à l’admission au paradis après la mort, plutôt qu’à l’atteinte de la perfection en ce monde.

Arrivé en Chine, TAMO fut conduit devant l’Empereur, mais le brillant monarque se trouva en sérieux désaccord avec le moine sur ce qu’il prêchait. L’Empereur le chassa et le bannit de ses provinces. TAMO, se déplaça alors vers le nord et trouva refuge au Monastère SHAOLIN.

Remarquant l’état d’extrême fatigue des moines, il leur enseigne alors des techniques issues d’un art guerrier de l’Inde: les mains des 18 disciples de BOUDDHA, associant à cette méthode la méditation assise Bouddhique. Avant son arrivée, la méditation n'était pas pratiquée comme une pratique d'éveil par elle-même. TAMO, par son enseignement à SHAOLIN, remit la pratique de la méditation au coeur de la transmission de BOUDDHA. Quant à la pratique de combat, elle ne fût plus considérée comme un art martial, mais fût mise au même niveau que la méditation assise, comme une méthode pour clarifier les préceptes de l'unité de l'esprit et du corps.

Les moines incrédules quant à l’efficacité de sa méthode, et surpris que TAMO s’intéresse à la misérable dépouille qu’est le corps, sont d’abord réticents, puis sont séduits par son autorité et sa théorie nouvelle.

Les exercices imposés par TAMO aux moines de SHAOLIN constituent la base des modèles de l’art martial connu aujourd’hui sous le nom de KUNG FU et TAMO est considéré pour beaucoup comme le « père » de celui-ci. Son enseignement spirituel allait aussi donner naissance à une nouvelle doctrine, appelée DHYANA en Inde et TC’HAN en Chine, et aujourd’hui universellement connue sous le nom de Bouddhisme ZEN. L'enseignement de TAMO, se référait au SÛTRA SADDHARMA LANKAVATARA, un SÛTRA qui se situe entre l'école YOGACHARA et l'école MADHYAMIKA. Le MADHYAMIKA, est un courant intermédiaire Bouddhique entre le petit et le grand véhicule qui aura un rôle déterminant dans le Bouddhisme tibétain, dont la version indienne fût plus tard, adoptée par le roi du Tibet.

En employant les techniques de TAMO, les moines de SHAOLIN mirent au point un style de combat qui les rendirent invincibles aux yeux de tous. L’efficacité redoutable de ce travail rendit le Temple SHAOLIN très célèbre et celui-ci servit de tremplin pour le lancement et la diffusion des arts martiaux dans tout le pays.

Les moines reprirent goût aux techniques de combat et certains tentèrent d’empoisonner TAMO. Il quitta donc le Monastère, se faisant passer pour mort. TAMO, sera désigné comme premier patriarche de l’école TC’HAN de Chine. Son histoire s’arrête ici pour les Chinois.

Guidé par une intuition, il décida de retourner en Inde. Il passa par le Tibet et trouva un terrain plus que favorable à son enseignement. Il y trouve de nombreux ermitages isolés où des moines cherchent sans trêve autre chose et transmettent par le seul pouvoir de la pensée leurs découvertes à leurs disciples. TAMO ne revit jamais son pays, plus tard, décidant de retourner au monastère, il fût assassiné en Chine.

Pendant ce temps, les moines de SHAOLIN livrent batailles au service de l’Empereur et leur suprématie va durer encore pendant presque trois cents ans. Certaines techniques furent transmises dans le peuple, de façon fragmentaire et le Temple a peu de rapports avec l’histoire de la boxe chinoise populaire qui était déjà organisée et formulée en un art standardisé.


A partir de l’an 840, le gouvernement Impérial entreprit une véritable campagne de persécution contre les Bouddhistes: 4500 grands Temples et 40000 communautés furent détruits. SHAOLIN refuse de se soumettre et en 844, une forte armée impériale mit le feu au célèbre Monastère. Les GRANDS PRÊTRES qui purent s’échapper, constituèrent alors une société secrète. Ainsi, les secrets de SHAOLIN seront gardés en dehors du Temple, et les GRANDS PRÊTRES jurèrent de combattre le pouvoir en place en hommage à tous les moines qui périrent dans ce terrible incendie.

A partir de l’an 1000, les arts martiaux chinois connaissent un essor populaire, sans précédent… De nombreuses écoles vont se constituer en sociétés secrètes, le monastère sera de nouveau occupé en 1547, par un certain CHUEH YUAN, qui fait une synthèse des différents styles de KUNG FU.
EN 1736, l’empereur de Chine fait attaquer SHAOLIN, qui est de nouveau incendié et détruit, cinq experts parviennent à s’échapper et sont à l’origine des cinq méthodes de KUNG FU : HUNG GAR, LIU GAR, CHOY GAR, LI GAR, MO GAR, ces cinq méthodes se sont diffusées au-delà des frontières de la Chine et constituèrent une étape fondamentale pour le développement des nombreuses écoles modernes de KUNG FU. De nombreuses écoles se réclament, à juste raison de ce Temple SHAOLIN de cette époque et, s’il est vrai, que le lieu est le même, l’art martial, dont ils descendent est bien différent de celui pratiqué au 6ème siècle par les disciples de POTITAMO, et la pratique de la Société des Grands Prêtres, formée en 844, en dehors du Temple.

Les arts martiaux étaient donc nés, et au fil des siècles ils allaient se propager dans le monde entier prenant différentes branches tel la médecine, la maîtrise de l’énergie interne et, la plus connue, la voie physique.

Les arts martiaux sont comme un vieil arbre qui fait chaque année de nouvelles branches, tandis que d’autres meurent. Le ZEN HUANG DO est issu de vieilles branches, faisant renaître quatre arts anciens de Chine et du Tibet :

  • Le SHAOLIN ancien
  • Le WU DANG
  • Le TIEN CHSOUEH
  • L’art des GRANDS LAMAS du TIBET
  • SHAOLIN du 6ème siècle, enseignée dans une confrérie secrète. Cette branche du SHAOLIN de POTITAMO est l’art qui s’est transmis dans une société Bouddhique jusqu’au grand patriarche; Maître ZHEN, qui aura comme disciple LI CHEN, qui deviendra son successeur : Maître ZHEN LI CHEN. Cette société, agit dans l’ombre, elle va participer à de nombreux combats, comme : Les soulèvements populaires de certaines villes, de 1853 à 1855, la lutte contre l’installation chrétienne en 1870, les insurrections anti-anglaise, le mouvement des boxers, dirigé contre les mandchous et les classes dirigeantes en 1900. Et, si dès 1905, certaines sociétés secrètes, se rangent sous SUN YAT SEN, et coopèrent avec le parti communiste chinois de MAO Tsé TOUNG, la Société de Maître ZHEN, continue de lutter, pour diverses causes et notamment contre la voie de MAO. Le 1er octobre 1949, la république populaire de Chine est proclamée, et la chasse aux sociétés secrètes, pratiquants les arts martiaux commence, visant à l’extinction des grands Maîtres, et un monde rouge commence.
  • Le WU DANG (WOU-TANG l’art taoïste). Maître ZHEN, poursuivi pour son aide à des rebelles, trouve refuge, avec son jeune disciple dans un monastère taoïste. Là, le jeune LI CHEN, apprend l’art SHAOLIN enseigné par son Maître et l’art du mont WUDANG. Cet art, insiste sur le coté interne où la tranquillité l’emporte sur le mouvement. Cette branche de boxe se caractérise par l’utilisation de sept armes naturelles dont les fameux coups de paumes.
    C’est aux moines Taoïstes, que l’on doit cet art. Ceux-ci devinrent des Maîtres dans le combat sans armes. Ils attachaient de l’importance surtout à la méditation et aux exercices respiratoires. Lui sont, enseignées également les techniques du DIAN XUE, l’attaque des points vitaux, techniques employées dans les deux écoles.
  • Le TIEN CHSOUEH (DIAN XUE). La particularité de cette école est l’attaque des points vitaux du corps humain. Ses techniques peuvent provoquer des paralysies, des syncopes ou même la mort. Autre point fort de cette école, des techniques d’endurcissement liées à l’emploi d’une pharmacopée complexe...

LI CHEN, devenu Maître à son tour et successeur du Grand Prêtre, fonde une nouvelle confrérie, l’ordre du Temple SHAOLIN, le SHAOLINSI XIEHUI. Il mène des actions révolutionnaires et doit fuir la Chine et la soi-disant révolution culturelle. Il se rend au Tibet, et grâce aux parchemins qu’il reçoit de Maître ZHEN, il retrouve l’empreinte du passage de BODHIDHARMA et la deuxième branche de son enseignement, dans un ermitage Bouddhiste tibétain au nord-est du KHAM, dans une région proche de la Chine. Maître LI CHEN, continue alors son combat au Tibet, avec l’aide d’un clan guerrier, il mène des actions contre les envahisseurs chinois, il devient également l’héritier de cette 2ème branche des GRANDS LAMAS :

  • L’art guerrier des GRANDS LAMAS : La 2ème branche de « SHAOLIN » s’est incorporée aux techniques de combat des Lamas guerriers du KHABACHEN, le pays des neiges, lorsque BODHIDHARMA quitta le Monastère SHAOLIN pour se rendre au Tibet. Son enseignement se mêla alors avec la science des chamanes vivant dans des ermitages et à la boxe des Lamas et donna naissance à un art de combat tibétain. Cette pratique ne fût enseignée qu’aux Lamas guerriers de l’ermitage. Ceux-ci développèrent un système de combat, en privilégiant l’acquisition de facultés ‘paranormales » Ces Lamas guerriers étaient de grands instructeurs initiatiques, qui savaient faire intervenir la puissance fulgurante de l’esprit. Cette force fût gardée secrète, afin qu’elle ne soit pas employée par les clans adverses. Les techniques guerrières sont originaires du royaume du SHANG SHOUNG, situé à l’ouest du Tibet actuel et remontent à l’époque de BOUDDHA TÖNPA SHENRAB MIWOCHE né plusieurs siècles avant SHÂKKYAMUNI, le BOUDDHA historique. Ces Lamas guerriers sont présents dans le BÖN (ensemble de traditions anciennes de la culture tibétaine) et plus tard dans le NYINGMAPA (l’école des anciens).
    L’existence des arts martiaux tibétains ne fût connue que récemment, bien que cette pratique remonte à une époque très lointaine, des méthodes de combat existaient au Tibet, certaines disparurent tandis que d’autres survécurent au-delà de plusieurs siècles. Bien que le Bouddhisme tibétain et l’art militaire peuvent paraître incongrus, et que beaucoup doutent de l’authenticité et de la véracité de Lamas guerriers, il suffit d’observer les thangkas (peintures tibétaines) de certains protecteurs du bouddhisme, qui montrent ceux-ci dans des positions guerrières. Il faut savoir aussi, que le Tibet ne fût jamais en paix civile, les monastères se faisaient continuellement la guerre et les Lamas guerriers, faisaient le coup de poing et maniaient le bâton contre les Lamas des autres monastères. En 1640, le roi BÖNPO de Beri au KHÂM, eut à subir l’invasion des troupes de GUSHRI KHAN, les Lamas guerriers armés de leur seul bâton, sauvèrent bon nombre de villageois.

Maître ZHEN LI CHEN doit une nouvelle fois fuir. Il quitte le Tibet et se réfugie en Europe où il fonde la loge du L.O.T.U.S.
En 1970, en Allemagne, pendant son service militaire Michel GUILLAUME rencontre celui qui changera toute sa vie, il a la révélation. Adepte du combat, il fait la connaissance de Maître ZHEN LI CHEN, qui l’accepte comme élève puis comme seul disciple. Il le suivra pendant 18 ans jusqu’à son décès.
Au détriment de sa vie privée et professionnelle, il consacre tout son temps à faire des recherches inlassables sur le plan technique à des fins de perfectionnement et des expérimentations sur l’énergie sous toutes ses formes. Ses découvertes sont régulièrement inscrites dans le programme du SHAOLINSI XIEHUI, le L.O.T.U.S et lui ont valu de rentrer dans le rang des Grands Maîtres et d’être ordonné prêtre (dans la branche chinoise ZHEN) et Lama (dans la branche guerrière LAMA GAMPO).
En 1988, il subit les épreuves initiatiques et il obtient le titre de SHIJO (fondateur d’école) et le 8ème gDANg (DANG) par le SHAOLINSI XIEHUI. Il reçoit le nom patronymique ZHEN HUANG LONG par le vénérable ZHEN LI CHEN. Juste avant sa mort, celui-ci confère l’héritage des deux lignées à HUANG LONG GUILLAUME Michel, tel qu’il a été transmis de Patriarche à Patriarche au cours d'une cérémonie et il fût convenu que la méthode prendrait un nom spécifique.
Michel GUILLAUME, devenu Maître HUANG LONG utilise dès lors l’appellation ZEN HUANG DO, ZHEN HUANG DAO désignant sa propre école et sa propre discipline. Le terme SHAOLIN ne sera plus employé que pour indiquer les origines. Cela évitera toute confusion avec l’apparition surprenante des moines chinois de SHAOLIN. Les techniques des deux branches, l’une chinoise et l’autre tibétaine, seront enseignées dans le ZEN HUANG DO.

La lignée de ces Grands LAMAS, comme le nom de l'art guerrier sont maintenus secrets, conforme à la tradition. Ses techniques, dans le ZEN HUANG DO, sont répertoriées sous le vocable HUANG GAMPO, qui n'est qu'un terme de reconnaissance spécifique à notre école et qui n'a de sens que pour les initiés. Sa pratique martiale de base est enseignée dans le rang des Lampo (Lamas du BOUTAOLAM). Sa pratique supérieure, faite de recherche spirituelle à travers des exercices de méditation profonde développant des pouvoirs supra-normaux n’est enseignée qu’au rang des Maîtres, parmi lequel sera choisi le successeur. La rencontre de Maître GUILLAUME Michel avec l’héritier de cette lignée, initié à son tour a permis à cette transmission de survivre dans sa forme originelle et fait partie intégrante du ZEN HUANG DO.

Quoique le ZEN HUANG DO tire ses origines de ces quatre arts cités, sa forme actuelle est le résultat des expériences de Maître HUANG LONG (GUILLAUME Michel) dans différentes disciplines. Il n’est enseigné qu’à ceux qui s’engagent dans le BOUTAOLAM, philosophie du ZEN HUANG DO renouant ainsi avec la tradition de BODHIDHARMA (le Bouddhisme et la pratique martiale).





"Maître HUANG LONG en 1995: FUo TJINg."

Le fondateur du ZEN HUANG DO et du BOUTAOLAM, Maître de l’enseignement de la Société du DRAGON JAUNE, seul occidental a avoir été intronisé au SHAOLINSI –XIEHUI, il propose un enseignement traditionnel qui a ses racines dans le SHAOLIN du 6ème siècle et qui n’a pas perdu son but essentiel, à savoir l’enseignement du Bouddhisme par les arts martiaux.

Il perçoit le potentiel considérable qu’il y a à diffuser cette doctrine à travers les arts martiaux, c’est ce qui l’inspira à fonder le BOUTAOLAM. En effet, la plupart des gens qui pratiquent les arts martiaux, n’essaient pas d’améliorer leur vie. Ils ne se servent des arts martiaux que pour leur propre défense ou pour développer leur ego, en frappant sur les autres. S’il est vrai que le terme art martial est traduit par « art de la guerre », les idéogrammes chinois le définissant, signifient au contraire « art s’opposant à la violence ».

"HUANG LONG en 2004: hommage à LOU DJI CHEN."

Il est important de se forger un corps solide et résistant, de savoir se défendre dans un combat. Mais la paix intérieure, la force, la discipline et la connaissance de soi, l’amour des créatures de l’univers doivent être le but de la pratique des arts martiaux.

En 1996, il fonde la Société du Dragon jaune.

LE ZEN HUANG DO EST UN ART DE PAIX QUI MET L’IMPORTANCE DE LA FORCE NON POUR TUER OU POUR DETRUIRE MAIS POUR PRESERVER LA VIE…
Le but de la pratique du ZEN HUANG DO repose sur le respect de la vie. Il ne s’agit pas simplement de se défendre ou d’attaquer, mais aussi d’assurer sa propre survie, ainsi que celle de son adversaire.




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